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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 14:15

Avez-vous remarqué comme la vie d'une Maman est jalonnée de séparations ? Combien de fois doit-elle se faire à l'idée que son petit, son tout petit, doit s'éloigner d'elle pour mieux grandir ? Que l'autonomie lui apportera une confiance en lui nécessaire. Que sa socialisation loin d'elle lui permettra de découvrir d'autres univers qui le combleront à leur tour.

 

Certaines se font de façon naturelle, tout en douceur, parce qu'elles sont bénéfiques pour l'un et l'autre. Mais ce n'est hélas pas toujours le cas. Il y en a qui peuvent être douloureuses, compliquée, et c'est alors qu'il ne faut pas perdre de vue que c'est toujours pour leur bien-être. Quelles que soient nos réticences.

 

Nous les espérons, les imaginons, les idéalisons parfois, ces petits bouts de chou qui viennent nous combler, mais à peine sont-ils près de nous qu'il faut déjà apprendre à nous en séparer.

 

Le jour de leur naissance est à mon sens la première séparation qu'il nous faut assumer.

 

Pendant toute la durée de la grossesse, nous nous sommes habituées au fait qu'un nouvel être humain poussait dans notre ventre. Il a fallu en prendre conscience tout en craignant qu'il y ait un accident, et que ce bonheur ne demeure qu'un instant fugace. Une fois la certitude installée, il a fallu se préparer au futur chamboulement de notre petit train-train, tout en apprivoisant notre nouveau corps et son occupant. Ce colocataire-là, le plus aimé qui soit, nous en prenons soin, nous le dorlotons. Nous passons notre temps à lui parler (même dans notre tête, hein!), à lui faire écouter de la musique (ou la télé, chacune son truc), à lui faire des caresses, à lui demander de se manifester pour notre plus grand plaisir. Nous nous habituons à lui. A cette douce tranquillité. A cette paix que nous ressentons malgré la fatigue, les douleurs, et les difficultés parfois.

 

Et puis paf, du jour au lendemain, l'équilibre se brise. Le bébé rêvé devient bien réel. Tout ce qui n'était que fantasmes doit se confronter à un présent bien moins glamour et instinctif.

Cette première séparation se fait pour un bonheur plus grand encore, c'est certain, mais elle est loin d'être aussi simple que l'on peut se l'imaginer. Passer du rêve à la réalité peut-être douloureux, au point d'entraîner des déprimes.

Mais nous avançons toutes, plus ou moins rapidement, plus ou moins facilement. Au final, j'espère, nous éprouvons toutes cette immense joie de l'avoir enfin dans nos bras, cet enfant là.

 

Une fois que nous commençons à trouver nos marques, et à être à peu près à l'aise avec toutes ces nouveautés liées à la gestion d'un nourrisson (le change, l'habillement, le bain, les siestes, les nuits, les repas et surtout, challenge suprême, les promenades à l'extérieur), il nous faut envisager la possibilité de le confier à quelqu'un d'autre. Déjà pour le Papa, ça n'avait pas été une mince affaire. Non pas qu'on ne lui fasse pas confiance bien sûr, mais bon, le Papa n'est pas nous. Allez savoir ce qu'il pourrait inventer en prenant prétexte d'amuser le petit!

Alors voilà, il nous faut prendre sur nous, et essayer de trouver la perle rare qui prendra notre place pendant 10 longues heures, 5 jours sur 7. Celle qui verra notre enfant plus que nous, sans pour autant l'élever. Assistante maternelle, Puéricultrice en crèche, Grand-Mère pour les chanceuses, nous leur confions la prunelle de vos yeux. Nous devons leur faire confiance, nous n'avons pas le choix de toute manière. Nous fermons les yeux sur beaucoup de choses, nous nous bouchons les oreilles, et nous mettons notre poing dans notre poche. C'est la vie ma grande, il faut t'y faire. Et puis de toute manière, le Petit Loup, il sait très bien que sa Maman c'est nous! La preuve, c'est bien nous qu'il appelle la nuit, non ?

Bref, dans mon cas, j'ai du pleurer comme une pauvre malheureuse les deux fois où j'ai laissé mes enfants chez une Nounou, pour l'adaptation. Trois ou six mois, honnêtement, aucune différence. J'ai eu beaucoup de mal à ne plus les avoir avec moi toute la journée.

Mais je m'y suis faite, bien entendu. Vive la reprise de la vie active, et le contact des adultes!

 

Il y a ensuite la première fois où nous le laissons pour la nuit. Oui, toute la nuit. Voire deux, soyons fous. Cette séparation là m'a parue beaucoup moins pénible. Déjà, c'était ma Belle-Mère qui allait prendre soin de mon fils (quatre mois), j'avais confiance en elle. Et puis c'était pour la bonne cause, un week-end en Amoureux. Cela ne nous a pas empêchés de passer notre temps à parler de notre merveille, et à nous demander comment les choses se passaient. Nous avons été forts, nous avons réussi à attendre un jour et une nuit avant de téléphoner. Séparation réussie!

 

Pour ce qui est de confier son enfant à un étranger pour une soirée, je ne peux pas vous dire, je ne l'ai jamais fait. Déjà parce que nous avons la chance que ma Belle-Mère habite à 1/2 heure de chez nous, et ensuite parce que je ne voulais pas. Je ne peux pas vous l'expliquer, c'est comme ça. Les escaliers trop raides ou un truc du genre ... Échec total, quoi!

 

Parlons maintenant du rêve de tout parent d'un enfant en bas âge : passer une semaine de vacances loin de lui. Allez, ne me dites pas que vous n'avez jamais eu envie de partir sur une île déserte, votre Chéri-Chéri et vous, mais rien que vous deux! Nous, nous en avons beaucoup parlé, mais nous ne l'avons l'a jamais fait. Du coup nous sommes partis à Fuerteventura avec Loulou quand il avait un an, puis en République Dominicaine tous les quatre en mai dernier.

C'est assez drôle de discuter de ce sujet avec d'autres parents, d'ailleurs. Moi mon argument était la crainte de rater un moment important de leur vie. Genre le premier sourire, les premiers pas, le premier mot, le premier pipi dans le pot. Bref, n'importe quoi! Pour d'autres, ce serait la crainte qu'il arrive quelque chose aux enfants en leur absence, que la personne chargée de la garde ne sache pas gérer. Et pour d'autres enfin, que ce soit à eux qu'il arrive quelque chose. Que leur avion s'écrase, que leur bus se renverse ou que sais-je, et que leurs enfants se retrouvent sans eux ... Je vous avoue que je n'avais jamais pensé à ça, et vous ?

 

Le quotidien aussi peut-être fait de petites séparations, anodines ou non. Le faire dormir dans son propre lit, dans sa propre chambre. Arrêter l'allaitement, ou le laisser prendre son biberon tout seul. Qu'il ne veuille plus se laisser porter. Qu'il refuse les câlins. Qu'il veuille impérativement que ce soit Papa et non nous qui s'occupe de lui pour le coucher. Qu'il commence à manger sans notre aide. Qu'il marche sans nos mains pour l'aider ...

 

En grandissant, nos enfants ont de moins en moins besoin de nous, et il n'est pas toujours facile de l'accepter.

 

Puis il y a l'entrée à l'école, qui est le premier grand pas vers l'émancipation. Qui transforme du jour au lendemain nos bébés en véritables petits garçons ou petites filles. La propreté s'acquiert pour de bon si cela n'était pas déjà fait. Le vocabulaire se multiplie à vitesse grand V, y compris des mots que nous ne voudrions pas entendre. Il y a de la rébellion dans l'air, une envie pressante de s'affirmer. Il y a les copains, les copines, les amourettes. Et la maîtresse (ou le maître), qui devient une nouvelle référence.

Je reste persuadée que cette étape est plus dure pour les parents que pour les enfants. Que tout dépend de la façon dont elle aura été présentée en amont, et comment elle est gérée le jour de la rentrée. A l'école, nous avons vu des Mamans faire pleurer leur enfant qui était pourtant tout calme, juste parce c'étaient elles qui pleuraient.

 

Moi j'en suis encore là, et j'espère ne m'être pas trop mal débrouillée. Mon fils a commencé les journées complètes à l'école. Il a découvert la cantine, et la sieste sans couche (et sans accident. Oui, je suis fière!). Il a adoré. Je suis heureuse qu'il soit heureux. C'est une nouvelle étape, bien réelle. Il n'est plus avec moi la journée depuis longtemps, mais désormais il n'est plus avec celle qui avait pris mon relais non plus. Il n'est plus avec sa soeur. Il grandit.

 

Il y en aura d'autres, des séparations. Il y aura celles qui dureront plusieurs jours, en classe de découverte ou en colonie. Il y aura aussi peut-être ces vacances à deux. Il y aura une indépendance de plus en plus réclamée. Peut-être plus tard des moments d'incompréhension réciproque. Il faudra gérer, comme toujours.

 

Et encore, je ne parle pas des études supérieures, du départ de la maison, des futurs amours ...

 

A chaque jour suffit sa peine, pas vrai ?

 

Loulette 4161

Être là, mais accepter de laisser aller ...

 

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Published by malise - dans Etre une Maman
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commentaires

Sabine 16/11/2012 16:33

Superbe article... tout est dit ! que de séparation... ne plus le sentir dans son ventre, le voir devenir réalité... tout le début de l'histoire ! moi je ne l'ai encore jamais laissé pour 1
nuit...juste la journée pour la crèche. Et là ça grandit et veut devenir autonome avant même 2 ans et pourtant elle est toujours derrière moi...Notre but les faire grandir et devenir indépendant...
là ce sera la vrai séparation...Merci

malise 19/11/2012 10:13



merci beaucoup pour ton très beau commentaire. Oui, l'indépendance, aussi dure à acquérir pour eux que pour nous, finalement ...



minouchkaïa 16/11/2012 14:22

ah! les premières "séparations": la naissance déjà, où l'espace d'un instant, d'un éclair sidérant, j'ai réalisé que ce petit être qui avait grandit en moi pendant des mois ne m'appartenait déjà
plus, et me "quitterait" un jour (enfin, je l'espère pour elles ;-)). La reprise du travail a été toute facile pour bébé2 (pour bébé1, au chômage, la question ne se posait pas). Pour ce qui est des
nuits ou, soyons folles, des week-end en amoureux, ben pas un(e) seul(e) à notre actif depuis 3 ans en fait (trop "louve" au début pour les laisser dormir sous un autre toit que le mien, et
maintenant que j'aimerais bien, pas trop possible, la famille est loin, et a été je dois dire un tantinet refroidie par mes refus répétés qu'is ne nous proposent même plus !!!). Pour les vacances,
ma règle (théorique, hein, parce que là, on est encore dans la pure science fiction!), c'est un jour d'absence par année de l'enfant (ex: 3 ans, 3 jours), grand max.
Bon, en réalité, la séparation la plus difficile pour moi a été à chaque fois lorsque le papa a décidé que s'en était fini que bébé dorme dans notre chambre et qu'il fallait le mettre dans la
sienne propre: j'avais le sentiment de les "abandonner"! C'est mon souvenir le plus douloureux, mais heureusement qu'ils nous aide à dé-fusionner, les papas!

malise 19/11/2012 10:10



Merci pour ce long message auquel je réponds très tardivement . La règle dont tu parles pour laisser les enfants est
celle dont ma Belle-Mère a entendu parler à la radio, et qui est mise en avant par des pédo-psychiatres ... On l'a appliquée finalement nous aussi à 1 jour près . Quand je pense qu'un copain nous a dit une fois que ça ne le gênait pas de partir une semaine sans ses enfants, qui sont tout
petits, parce qu'ils n'ont pas la notion du temps! Eux non, peut-être, mais nous si, et c'est ce qui est dur ...


Et tu as raison, heureusement qu'ils sont là les Papas. Moi dernièrement, il a ostensiblement mis en haut de la plie de bouquins celui de Rufo, "Détache-moi. Se préparer pour mieux grandir". Un
message ?



natmum02 16/11/2012 14:17

oh oui c'est génial de les voir tout heureux d'aller à l'école (pourvu que ça dure :-) )

maman est occupée 15/11/2012 16:53

La première vraie séparation, celle qui est synonyme de reprise du travail, est pour moi la plus difficile à vivre. Peut-être parce que c'est la première, justement.

malise 16/11/2012 09:39



Oui, je l'ai aussi trouvée très très dure. Surtout le moment de l'adaptation en fait, lorsque je me retrouvais seule à errer dans la maison en attendant le moment de les retrouver ...



natmum02 15/11/2012 15:56

que de vérités !!! j'ai la chance de pouvoir garder mes enfants avec moi jusqu'au 1er grand pas : la rentrée à l'école... la grande l'a franchi en septembre, son frère attendra encore deux ans...
elle était ravie et l'est toujours !! prête pour cette "nouvelle vie sans moi", à laquelle elle a été préparée, parce qu'avec maman ne veut pas dire sans les autres .....
et au risque de me répéter, j'adore ta plume !!!

malise 16/11/2012 09:38



Tu as de la chance d'avoir pu profité de tes enfants longtemps. Je t'avoue que même si une partie de moi étais contente de retourner au boulot, j'avais encore plus envie de rester avec eux ...
C'est super, pas vrai, quand on les voit tout heureux d'aller à l'école ? C'est qu'on n'a pas trop mal fait notre boulot!


Merci encore de me dire que tu aimes ce que j'écris. Non seulement ça me fait très plaisir, mais surtout ça m'encourage lorsque je me demande si ce que j'écris à un réel intérêt. Merci, donc
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