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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 14:21

Combien de fois ces derniers temps vous êtes-vous dit : "Stop. Je n'en peux plus. Je dois faire quelque chose!" ?

 

Honnêtement ?

 

Moi, des dizaines de fois.

 

Mais l'avez-vous fait, réellement ?

 

Avez-vous appuyé sur le bouton "pause", histoire de récupérer ? Avez-vous pu confier vos enfants à quelqu'un d'autre / prendre une journée de congé rien que pour vous et passé cette journée à ne vous soucier que de vous-même / vous coucher beaucoup plus tôt ou vous lever beaucoup plus tard pour une fois ? (aucune mention inutile à rayer).

 

Je suis sûre que vous me donnerez toutes la même réponse, la même que celle que je vous donnerai : NON! (Si c'est oui, bravo, et surtout je vous envie!)

 

NON! Parce que tout le monde n'a pas la possibilité de confier ses enfants.

NON! Parce que les jours de congés et les RTT (quand on en a) sont réservés pour les vacances en famille, pour la garde des enfants malades, et pour les jours où il pourrait y avoir un souci avec l'école et où la Nounou serait indisponible.

NON! Parce qu'on a trop de boulot, parce qu'on est indispensable, parce que le ménage ne se fait pas tout seul, parce qu'il faut penser aux repas / aux lessives / aux courses / aux papiers / à l'intendance / à la logistique /au bon fonctionnement de la maisonnée (non non, aucune répétition!).

NON! Parce que quand les enfants sont dans les parages il ne faut même pas imaginer avoir une seconde à soi. La sieste ? Oui, en effet, et c'est la sieste qui va ramasser tous les jouets éparpillés, trier les vêtements, finir la vaisselle, tondre la pelouse ou réparer le lustre (oui, chacun son boulot, et les Papas aussi peuvent être fatigués!) ?

Non! Parce que finalement tout ne va pas si mal! Après tout, j'assure, j'assume, je suis une bête! Et puis les autres y arrivent, alors pourquoi pas moi ?

 

Mais. Bien. Sûr.

 

Voilà des semaines (mois ?) que je ne vous parle que de cela. De cette fatigue lancinante que je n'arrive pas à vaincre. Que chaque matin je me lève avec l'impression d'être passée sous un rouleau compresseur, encore plus fatiguée que la veille si jamais c'était possible. Que je passe ma journée à espérer le moment où je poserai ma tête sur mon oreiller, et que je bâille à peu près 100 fois par heure à m'en décrocher la mâchoire. Que je profite des siestes des enfants le week-end pour récupérer, et me fais me réveiller par eux alors que j'aurais sans problème pu continuer jusqu'au lendemain. Que la moindre contrainte me contrarie et me parait insurmontable. Que je suis irritable, et que je m'emporte pour rien. Que je ne supporte plus ni mes enfants ni mon Amoureux. Que je n'ai plus envie de rien, sauf de me coucher et de fermer les yeux.

 

Si je fais le bilan des 4 dernières années, je ne peux pas vraiment dire que j'ai chômé. Un nouveau boulot, un 1er déménagement, 2 grossesses avec tous les hauts et les bas que cela signifie, 2 accouchements dont 1 particulièrement "percutant", 2 allaitements pas toujours faciles, un 2ème déménagement (pourtant assuré à près de 90% par mon Homme, que je sois franche). Beaucoup de pleurs, beaucoup de cris, un nombre de nuits blanches ou de nuits malmenées incalculable, des trop plein d'émotions, des bonheurs immenses. Une vie chamboulée, chahutée. Plus de repères, et des nouveaux si difficiles à trouver. Et moi au milieu de tout ça ? Moi toute seule. Où suis-je, maintenant que nous ne parlons plus qu'en terme de nous 2, nous 3, nous 4 ?

 

Ces vacances de Noël ont été particulièrement difficiles. Lentement, insidieusement, la fatigue a pris le pas sur mon esprit. Cette trop grande fatigue, j'ai commencé à lui donner un nom qui ne me plaisais guère, mais qui reflétait pourtant bien la réalité : dépression. L'impossibilité de réagir. La manque d'envie de faire quoi que ce soit. Les pleurs qui viennent sans arrêt, sans raison particulière. Un gouffre sans fond.

 

J'avais beau me secouer, me raisonner, regarder toutes ces jolies choses qui font ma vie, me rendre compte de ma chance, rien n'y faisait.

 

Et puis, mercredi dernier, un 1er signe. Un réveil nauséeux. Une nuit agitée, faite de frissons. Jeudi, une énorme migraine, qui ne me quitte pas. Vendredi matin, une course pour attraper mon bus dont je mets 1 heure à me remettre. Me voilà obligée de réitérer vendredi soir. Je cours 20 mètres à peine, et je me retrouve sans souffle, alors que je courrais 1 heure par semaine jusqu'à l'automne dernier. J'ai la gorge en feu, le coeur qui brûle, la tête qui va exploser. Je dis à mon Amoureux que je couve quelque chose, je ne sais pas quoi, et arrivée à la maison j'ai juste le courage de me porter jusqu'à mon lit ...

 

J'en suis ressortie ce matin.

 

3 jours couchée, avec ma polaire, mon pantalon de survêtement et mes chaussettes. 3 jours à voyager virtuellement entre le froid des banquises et la chaleur du désert, à faire le grand écart des sensations corporelles. 3 jours à ne me lever que pour me sentir un minimum utile en faisant cuire une casserole de riz pour la petite famille, puis à retourner me coucher illico. 3 jours à vivre sur mon radeau, au son des rires et des cris des enfants, et à ne dormir vraiment que lorsque eux le faisaient aussi. 3 jours de régime express, moi qui en parlais vendredi, je ne croyais pas si bien dire! D'ailleurs, pour celles qui seraient tentées, sachez que 3 jours sans manger ne fait pas mieux entrer dans son pantalon. Non. Par contre, aujourd'hui je me sens comme une petite vieille arthritique (enfin, j'imagine), en ayant un peu mal de partout et le dos en compote ...

 

3 jours à strictement ne rien faire (si, je me suis lavée) (hier) (hum), me requinquer, à lâcher prise, à laisser mon Amoureux tout gérer avec brio (le pauvre!).

 

La grippe, peut-être, mais sans fièvre ? Un gros gros rhume ?

 

Je ne sais pas. J'ai juste l'impression que mon corps a su dire stop quand mon esprit le refusait. Qu'en me voyant laisser s'accumuler les tensions, l'épuisement, le mal-être et ne pas réagir, il a décidé de ne plus me laisser le choix. Que le physique a pris le pas sur le psychique, pour éviter que cela n'aille trop loin.

 

http://www.marthavousdivaguez.com/blog/wp-content/uploads/2010/10/tumblr_l8ccucxJux1qc0fo9o1_500_large.jpg

 

C'est une drôle de vision, n'est-ce pas ? Un trop-plein de sommeil qui me rendrait mystique ?

 

Non, rassurez-vous. Je sais juste qu'aujourd'hui, sans être complètement reposée, je me sens enfin dans le bon sens de la marche. Que là où je voyais une dépression, il n'y avait peut-être bien qu'un intense surmenage.

 

Je vais prendre les choses en main, et je vais la remonter, cette pente!

 

Non mais!!!

 

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Published by malise - dans Etre une Maman
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commentaires

laora 17/01/2013 16:25

Je fais suite à ta réponse, et sans te connaitre je vais te donner un conseil : écoute toi, oublie les bonnes manières et les responsabilités, repose toi vraiment, ne pense plus à ce que tu dois
faire, et fais ce que tu as envie de faire !
Il ne faut pas rester à dormir non plus, meme si tu es fatiguée, il faut s'aérer, se balader, se vider la tete, dévorer des livres, faire des calins aux enfants et boire des chocolats chauds ! Tu
vas te ressourcer de cette manière là, faire le plein d'énergie en riant et te sentant à nouveau légère !
Je te jure ça marche, et en une semaine j'ai repris le dessus, et me revoila au boulot !

des bisous et un grand courage pour tout ça !

malise 18/01/2013 11:51



Laora, un grand merci pour tous tes conseils, que je vais m'empresser de suivre : ce we, je vais être seule chez moi, et j'ai bien l'intention de ne rien faire d'autre que bouquiner, dormir,
prendre un peu soin de moi. Toutes ces choses que je fais passer à la trappe généralement, et qui me manquent trop! Bref, j'espère que comme pour toi ça va me redonner la pêche et l'envie
d'avancer!!! Je t'embrasse, merci encore!



FleurDeMenthe 17/01/2013 12:19

Je suis contente de découvrir ton blog, mais triste que ce soit par un billet si difficile, même s'il se finit sur une pointe d'espoir et un coup de fouet !!
Je me retrouve dans ce que tu dis. Mon corps s'est réveillé un soir au boulot, suite à une contrariété, je me suis mise à pleurer comme je ne m'en souviens pas, sans pouvoir m'arrêter. Résultat : 3
heures de pleurs non stop, et une réputation à refaire ! J'ai ensuite dormi 12h, puis 2 jours à arrêter tout ce que je faisais et que je ne supportais plus (tâches quotidiennes, mais surtout ces
révisions de concours qui prennent tout mon temps libre à côté du boulot). J'en étais arrivée à un point où j'en rêvais (j'en rêve toujours) la nuit... Bref, deux jours où j'ai dormi, dessiner, et
créer un tout nouveau décor dans les toilettes. Un mini changement de décor qui m'a fait un bien fou.

malise 17/01/2013 16:24



Oh, ces pleurs dont tu parles, je ne les connais que trop bien. Ca m'arrive aussi très souvent au boulot, mais heureusement j'ai un bureau pour moi seule ... En tout cas je comprends que ça ne
soit pas évident de travailler et de continuer ses études en parallèle, je n'ai jamais eu le courage de le faire alors que j'en parle assez régulièrement ... Tu as su dire stop et faire ce qu'il
fallait, bravo, c'est génial de savoir s'écouter comme tu l'as fait!



Déborah 17/01/2013 12:16

Ton article m'a donné des frissons partout...... C'est vrai que ces moments de trop-plein arrivent plusieurs fois dans une vie. Ce qui me fait peur c'est quand il y a des enfants en plus ! Je suis
enceinte du premier qui devrait arriver d'un jour à l'autre et j'ai l'impression d'avoir déjà vécu ce que tu racontes. Qu'est-ce que ça sera par la suite? Courage, l'hiver est aussi une saison
parfois difficile à affronter.

malise 17/01/2013 16:21



Merci Déborah. Oui, tu as raison, il y a aussi cette saison qui ne joue pas vraiment en faveur d'un moral au beau fixe (et pourtant, la neige, ça ramène en enfance, non ?). Tu verras, parfois le
fait d'avoir un enfant avec soi change beaucoup de choses. Tu relativises, tu donnes d'avantage d'importance à la famille, tu connais plein de petits et de grands bonheurs. Le tout étant de ne
pas les perdre de vue comme je l'ai fait! Bon courage pour la suite (la fin ?) de ta grossesse, je te souhaite plein de belles choses!



Magapa 17/01/2013 11:59

Je me reconnais bien aussi dans ton article! J'ai aussi craqué et suis tombée malade le 1er janvier, 3jours couchée au lit et une semaine pour m'en remettre...
Ca m'a permis de prendre conscience que je faisais trop de choses, alors j'ai pris la décision d'abandonner un de mes projets pour me recentrer sur ce qui est vraiment important: ma santé et ma
famille, on a qu'une vie après tout!
Je te souhaite bon courage et bon "rétablissement".

malise 17/01/2013 16:18



Et bien dis-donc, on dirait qu'on a vécu exactement les mêmes choses!!! Quelle chance d'avoir réussi à faire la part des choses et d'avoir fait un choix salvateur, bravo! Pour ma part je n'en
suis pas encore là, je ne sais pas ce que je pourrais changer pour que les choses s'améliorent vraiment, mais je ne vais pas en rester là ... Il le faut, pour eux!



laora 17/01/2013 10:28

Bonjour, je decouvre ton blog et cet article m'a beaucoup interpellée...
je suis comme vous toutes, prenant toujours sur moi, puisant dans mes ressources, occultant certaines choses pour mieux m'occuper de mon fils, pour gérer la maison, les papiers,...
On s'oublie, on se néglige, on ternie et surtout on s'amuse de moins en moins... on craque parfois et on se dit demain ça ira mieux. il le faut.
Et puis un jour, alors qu'on fait encore face à des problemes difficiles, une tierce personne vous dit : vous allez tout perdre à ce rythme il faut vous faire aider.
Et voila, un arret pour depression et des médocs pour tenir le coup...
à 29 ans c'est quand même triste, et ça ne m'arrivera plus. Ton article est comme une bouée de sauvetage, alarmer les gens sur le burn out, la dépression, la fatigue physique mais surtout morale et
intellectuelle, qui guettent le moment de faiblesse, c'est très important.
Alors bravo pour ton article et merci !

Je vais suivre tes écrits de près donc ! ^^
Laora

malise 17/01/2013 16:15



Bonjour Laora, c'est incroyable comme ton message reflète exactement ce que je ressens, ce que je pense de moi? Je me trouve terne, je n'arrive même plus à faire semblant en me décorant un
minimum pour faire illusion. Des semaines que je n'ai pas sorti un bijou, et  que je fais juste le nécessaire pour ne pas ressembler à un zombi! Mais plus rien ne m'amuse depuis longtemps,
c'est vrai. Heureusement que les enfants sont là, ce sont eux qui mettent de la joie dans la maison!


C'est bien dis-donc que quelqu'un t'ai parlé de cette manière là et que tu aies eu le courage de faire le nécessaire pour t'en sortir! Moi je sais que mon conjoint est là, mais je n'ai pas
toujours le courage ni l'envie de lui parler de tout ça. Je me dis que ça ne changerait pas grand chose, de toute manière ... Alors je vais dormir encore un peu, jusqu'à ce que je retrouve enfin
la pêche et le moral. Et que je puisse sourire de nouveau tout le temps!


Merci beaucoup pour ton message en tout cas, et au plaisir de te lire de nouveau!



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